La Galerie des arts graphiques (GAG), un nouvel espace dédié à l'exposition et à la vente d'originaux de bande dessinée, a ouvert ses portes début septembre 4 rue Dante à Paris (Vè). Créée il y a près de 10 ans, l'ancienne galerie de Frédéric Bosser de la rue Dante prend ainsi un nouveau nom et un nouveau départ pour faire face au succès et à l'engouement pour les dessins originaux et planches de BD.
La nouvelle galerie sera animée par François Régis Houel. Elle accueillera des expositions et se consacrera à la promotion des dessinateurs de BD et illustrateurs auprès de tous les publics. Rencontre avec un vrai passionné.
Comment es-tu tombé dans la bd ?
Je suis tombé dans l'univers de la BD dès mes premières années. Je passais des journées entières à consulter la collection de mon père, fan de BD. Dès l'âge de 3 ans, je regardais les images, et à 6 ans, je les lisais, pendant des heures, appréciant chaque dessin. Les personnages remplaçaient une fratrie inexistante, c'était mon monde ; j'ai grandi avec eux. Des années plus tard, une rencontre avec un libraire des puces de Vanves m'a à nouveau fait replonger dans l'univers de la BD, puis je suis devenu libraire.
Pourquoi une galerie ?
Passionné depuis toujours, je me suis mis petit à petit à collectionner dessins et planches. Mon premier achat était "une planche Conan" de John Buscema (un rêve de môme) Avoir une oeuvre artistique entre les mains, la regarder, la redécouvrir pendant des heures, c'est un privilège. Lorsqu'on touche les dessins de l'artiste, on ressent la même sensation que lorsqu'on touche une sculpture, c'est très intense. Etre galeriste est donc devenu pour moi une suite logique, et je n'ai plus senti le besoin de collectionner.J'étais tout aussi heureux de partager avec d'autres amateurs le plaisir de la découverte d'oeuvres graphiques. La galerie constitue un lien entre les auteurs et les collectionneurs, c'est un lieu convivial de rencontres et de découvertes. J'évolue dans un métier qui me passionne, avec des personnalités très fortes, uniques, et qui me touchent : les artistes avec leur sensibilité propre et les amateurs, très passionnés.
Qu ‘est-ce qui vous plait dans ce métier ?
Jeune, j'étais en contact avec les oeuvres et cela suffisait à nourrir ma passion. Aujourd'hui, non seulement j'ai un immense plaisir à découvrir de nouveaux albums mais je suis en relation directe avec l'auteur, ce qui donne une autre dimension à l'appréciation de l'oeuvre. J'essaie de comprendre l'auteur, les raisons de la réalisation de tel ou tel album. J'ai conscience d'être, encore une fois, très privilégié. Et, j'ai beaucoup de plaisir à échanger, discuter avec d'autres amateurs, collectionneurs ou non.
Que pensez vous des collectionneurs acharnés comme il y en a tant dans ce milieu ?
La passion engendre des excès, et dans le domaine de l'art, une envolée des prix. La galerie permet de les tempérer et je tiens particulièrement à la tranquillité de la création et des auteurs.
Comment aimeriez vous évoluer?
Ouvrir une deuxième galerie et même trois dans mes rêves les plus fous : Paris, New York, Tokyo !
A court terme, j'ai plusieurs projets et je retourne notamment dans quelques semaines à Tokyo pour finaliser quelques contacts avec des auteurs japonais, spécialisés aussi dans l'illustration. Passionné par les arts graphiques, j'essaie de faire connaître des artistes des mondes de la bande dessinée et
de l'illustration.
