XIII Mystery IrinaXIII Mystery Irina

En pleine guerre froide, au cœur de l’hiver dans la campagne biélorusse… Un beau capitaine arrive en pleine nuit dans un orphelinat de jeunes filles. Il demande à rencontrer deux pensionnaires de quinze ans. La première meurt d’un coup de couteau. La seconde, Irina, jure de venger son amie de cœur. Elle s’enfuit et vit de rapines avant d’être recrutée par le KGB qui en fait une tueuse d’exception. Elle réalisera sa vengeance avant d’être sauvée in extremis par La Mangouste, un autre exécuteur, indépendant celui-là, dont la cible prioritaire s’appelle XIII…

 

 La chronique de Nicolas :

Dargaud a lancé l’année dernière le spin-off de la série XIII avec XIII Mystery afin d’approfondir l’univers de XIII. Le but est de se focaliser pour un tome (one-shot) sur un des personnages «secondaires». Chaque tome est attribué à un nouveau duo scénariste - dessinateur, même si Van Hamme garde un œil sur l’ensemble afin d’éviter des incohérences scénaristiques. Le premier tome, scénarisé par Xavier Dorison et Ralph Meyer, s'est intéressé l'an passé à la Mangouste. C'est maintenant au tour d' Éric Corbeyran et Philippe Berthet de poursuivre ce XIII Mystery, avec une femme dangereuse, la tueuse Irina.

Irina - Planche 1Irina - Planche 2

Dans ce deuxième tome, les raccords avec l'univers de XIII sont faits de façon assez intelligente, notamment le début de l’album, où Corbeyran prend pour point de départ une scène de XIII Mystery, l’enquête où l’on voit Irina meurtrière en gants rouges. Comme dans un James Bond, un album de XIII se doit de respecter un minimum d’ingrédients : une certaine violence, des morts, des jolies femmes… Cet album n’y déroge pas! Pourtant, plusieurs éléments m’ont empêché d’apprécier ce deuxième tome à sa juste valeur. Je ne parlerai pas des sauts dans l’espace-temps de l’histoire (nous suivons Irina sur plus de dix ans en un album), exercice imposé par la figure de style du one-shot.

Je trouve le personnage d’Irina en vrai décalage par rapport à la série XIII. Nous ne retrouvons pas Irina, la tueuse violente, sans pitié… Ce non sentiment vient certainement d’enchainements improbables. Par exemple, le passage quasi-immédiat de la jeune orpheline innocente, démunie à la jeune fille agressive, agressant une vieille dame ; ou encore le fait que le KGB trouve le profil d’Irina intéressant, débrouillarde etc. alors que dans l’album elle n’a rien démontré. Ell se fait interpeller très rapidement. Cette impression est accentuée par le dessin de Philippe Berthet. En effet, s’il ne faut pas faire du Vance, son dessin retranscrit une Irina au visage «poupon», et au corps trop sensuel. Bien plus, même si je trouve le dessin de Berthet magnifique, il n’est pas adapté au mouvement, à l’aventure, aux «bagarres»…

J’ai donc eu un sentiment de déception à la lecture de ce tome sur l’un des personnages préférés de la série XIII, qui n’est pas aidé par une voix off perturbante (et incohérente avec la fin de l’album), et fois une certaine facilité en donnant dans le sexe léger. A lire donc uniquement pour les aficionados de la série XIII…

Nicolas Gouju , novembre 2009