Rencontre avec Wingz, décodeur de l'actualité par nicolas le 01/03/2010

Le sourire de Wingz...Le sourire de Wingz...

A l'âge où les gamins veulent devenir pilote ou président, moi, Wingz rêvait d’étudier le comportement des animaux... Quelques années plus tard, la trentaine, Wingz dissèque le quotidien de l’animal le plus barré et imprévisible qu’il soit : l’homme, et notamment sa relation avec l’économie sur boursereflex.com 

Quel parcours avez-vous suivi ?

C’est un parcours un peu atypique. Evidemment, je dessine depuis tout petit. Gamin, je réalisais des bandes dessinées pour raconter mes vacances. Comme je n’étais pas trop mauvais à l’école, j’ai suivi les traces de mon grand frère en faisant des études scientifiques et en passant un diplôme d’ingénieur en mécanique.Dans mes différents boulots, je me suis toujours arrangé pour rester dans la créativité…

Y-a-t-il eu un évènement qui vous a poussé à vous consacrer pleinement au dessin ?
La trentaine passée, je me posais beaucoup de questions… Je bossais énormément dans mon travail d’ingénieur. J’étais constamment en déplacement, jamais à la maison. Je n’avais plus de temps à consacrer au dessin. J’ai appris un jour qu’une copine de promotion très brillante avait tout plaqué pour faire institutrice… J’ai réalisé alors qu’il était temps pour moi de me lancer pour ne rien regretter à soixante-dix ans !

 Avant cet évènement, vous conceviez des vélos, puis des équipements de piscine… avec des schémas, des dessins ?
Oui, effectivement. Il est vrai que le dessin technique est quand même très éloigné du dessin d’humour (rire), mais cela reste du dessin avec sa part de créativité… Disons qu’aujourd’hui, j’utilise exactement les mêmes outils, et je me marre davantage !

 

L'approche économique de WingzL'approche économique de Wingz

En 2006, vous dessinez "Du goudron et des plumes", un concept d’histoires courtes et de dessins d’humour mettant en scène des oiseaux déjantés. Comment vous est venue l’idée ?

 

C’était effectivement un projet qui me tenait à cœur. Je voulais décrire une vision de notre société sous un point de vue original… comme si notre monde était observé par des extra-terrestres… sauf que là, il s’agissait d’oiseaux… Les oiseaux me sont venus naturellement, mon autre passion étant l’ornithologie.
Le retour de la part du public était excellent. Je diffusais sur mon blog, sur des plateformes de dessins d’humour et sur les festivals. On me parle encore ‘des oiseaux’ aujourd’hui.

Tu n’as jamais pensé à le publier sous forme de livre ?
Si, mais j’ai des dessins de format différents, un dessin seul, des strips, une page entière. Cela manque d’unité en termes de structure. Il faut que je retravaille sa forme afin de faire quelque chose de plus structurée. .

et le dessin de presse … ?
C’est venu complètement par hasard. J’ai participé à un concours de dessin d’humour organisé dans le cadre d’un festival de ma région. J’ai obtenu un prix, et on m’a proposé de publier sur infos-matin qui est une plateforme de dessinateurs de presse.
J’ai tout de suite accroché à ce mode d’expression… des dessins rapides, épurés avec un minimum de texte. Le but est de traiter de façon simple et directe un sujet, une idée.

Supernanny n'est pas oublié !Supernanny n'est pas oublié !

Depuis combien de temps tenez-vous le blog ?
Depuis 2006. il y a eu un changement d’adresse entre temps. Cela me permet de garder le contact avec les lecteurs… c’est un métier très solitaire sinon ! Je comprends mieux l’intérêt des festivals, qui sont un moyen de rencontre, de réunion avec d’autres auteurs. Il y a également la possibilité pour les auteurs de se retrouver dans un atelier, cela permet d’être moins seul. Sur Avignon, je connais 3 – 4 dessinateurs de presse. Nous nous voyions. Il y a beaucoup d’entraide, beaucoup de partage.

Qu’est-ce qui vous a fait choisir ce moyen d’expression ?
il faut savoir que j’ai appris à lire sur des albums de Gotlib et d’Edika… On ne ressort pas indemne de ça (rire).

A quelle fréquence publiez-vous vos dessins ?
Je mets à jour mon blog deux à trous fois par semaine minimum. J’essaye de le renouveler régulièrement pour maintenir un traffic important.

Quelle est votre technique – inspiration - pour trouver l’idée du dessin  ?
Ma source d’inspiration est bien évidemment l’actualité. Je suis branché non-stop sur la radio. Les idées peuvent venir instantanément (et c’est souvent les meilleures) ou elles peuvent mettre beaucoup plus de temps… J’ai appris à ne pas passer trop de temps sur une idée… si le gag ne vient pas, il vaut mieux passer à autre chose. Sur une journée complète, disons que j’arrive à sortir entre 3 et 6 dessins que j’estime ‘publiable’. Le problème est que dés je décroche une semaine, c’est très difficile de se remettre dedans. C’est une gymnastique quotidienne.

Ni la guerre des voiles...Ni la guerre des voiles...

Vos dessins ont été diffusés dans l'émission 'On n'est pas couché' de Laurent Ruquier, comment s’est fait votre rencontre ?
 

Il n’y a malheureusement pas eu de rencontre ! Laurent Ruquier diffuse des dessins qu’il puise dans la presse nationale. Concernant le dessin que j’avais réalisé sur Sarkozy et Obama, je ne sais pas comment il est arrivé jusqu’à Laurent Ruquier. Ce dessin a été publié dans Gard-eco, un journal économique régional, mais il a surtout fait un buzz incroyable sur le web. Je n’ai rien maîtrisé du tout. Un collectionneur américain m’a même proposé d’acheter l’original.

Lorsque vous dessinez, pensez-vous à ne pas dépasser certaines limites ?
Les limites sont d’abord fixées par les médias qui me publient. Il m’est arrivé qu’on me refuse un dessin car il n’allait pas plaire à tel actionnaire ou tel partenaire.
Sur mon blog par contre, je publie ce que je veux… Les limites que je me fixe sont liées à ma propre perception des choses. Par exemple, je n’ai pas voulu dessiner sur le drame d’Haïti… peut être parce que, à ce moment là, je n’ai pas pu garder le recul nécessaire.

Avez-vous eu, sur certains dessins, le sentiment d’avoir, au final, dépasser les limites ?
Non, je ne me suis jamais dit… ‘Là tu y es allé un peu fort’.
Par contre récemment, j’avais réalisé un dessin sur le port de la burqa, et je me suis rendu compte après la publication que le message pouvait avoir un double-sens. Je fais très attention à cela désormais.

Quels sont vos projets ?
Aujourd’hui, je dessine essentiellement pour la presse économique. Je travaillais avec un quotidien qui a malheureusement fermé ses portes récemment.
Je vais donc chercher d’autres partenaires pour éditer mes dessins.
Et puis j’ai toujours dans l’idée de réaliser une bande dessinée sur mes oiseaux…

Retrouvez Wingz pendant deux semaines sur la page d'accueil de www.bdabd.com mais également sur sur son blog : http://www.wingz.fr !