CHRONIQUE - La guitare de Bo Diddley par nicolas le 22/06/2011

Prix neuf :
17,00 €
En librairie le :
23/09/2009
Pas mal
Scénario
Marc Villard
Dessin :
Jean-Christophe Chauzy
Couleur :
Jean-Christophe Chauzy
Série :
Rivages/Casterman/Noir
Éditeur :
Casterman
Collection :
Rivages/Casterman/Noir
Format :
18,7x26cm; 96 pages

La chronique en bref

L’adaptation par Marc Villard de son roman paru en 2003 est ancré dans le milieu des musiciens et celui de la nuit parisienne. Cet album a un accent de rythme trop rapide, a trop d’enchainements.

Le synopsis des éditions Casterman:

Il était une fois une guitare rectangulaire de couleur bleu caraïbe—un modèle unique— sur laquelle était inscrit : « Bo Diddley, Blue Hawai n°1. »

Arsène, grand black fauché, la subtilise dans une voiture anonyme, puis la donne à Désiré, qui l’échange contre des faux-papiers à Farid, qui se la fait voler par Bob, qui…Et nous voilà donc, de propriétaires très temporaires en mains plus ou moins bien intentionnées, conviés à suivre le très riche, très pittoresque et très mouvementé parcours de cet instrument d’exception, et à découvrir au passage quelques tranches de vie particulièrement frappantes, pour ne pas dire saignantes… C’est aussi, et surtout, l’occasion d’une balade truculente et parfois presque burlesque dans les coulisses et les arrières cours du Pigalle bigarré et multi-ethnique d’aujourd’hui, avec ses filles, ses maquereaux, ses dealers, ses flics ripoux et ses musiciens dans la débine.

La chronique de Nicolas:

La guitare de Bo Diddley, c’est l’histoire pas banale d’une guitare qui a la bougeotte. Cette guitare rectangulaire de couleur bleu caraïbe est celle du chanteur Bo Diddley, volée par un jeune basketteur- SDF. A partir de là, le road-movie dans Paris peut commencer, la guitare passant de mains en mains, de paumés à dealers, de dealers à chauffeurs de taxi… Quelque soit son propriétaire, cette guitare semble porter la poisse...

L’adaptation par Marc Villard de son roman paru en 2003 est ancrée dans le milieu des musiciens et celui de la nuit parisienne. L’avantage de transcrire son propre roman en BD est que l’auteur puisse garder la cohérence de son scénario. Mais l’adaptation en BD est parfois difficile, et c’est ici le cas. Comment passer d’un roman de 150 pages déjà bien dense à un album BD de 90 pages où l’accumulation de hasards pousse un peu trop loin l’invraisemblance ?

Cet album a un accent de rythme trop rapide, a trop d’enchaînements. Le lecteur n’a pas le temps d’une pose, passant d’une situation à une autre, d’un personnage à un autre… plus d’une trentaine de personnages en 90 pages, c’est trop. Nous n’avons pas le temps d’éprouver le moindre sentiment, la moindre compassion vis-à-vis de ces personnages, et c’est bien dommage.

Le dessin tantôt élastique, tantôt déstructuré de Jean-Christophe Chauzy, aux couleurs acidulées se marie en revanche bien à ce scénario effréné.

Un one-shot intéressant, mais avec un goût de surfait.

Votre chroniqueur

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