CHRONIQUE - Zorn et Dirna, T6 : Notre père qui êtes odieux - Soleil par gilles le 09/08/2012

Prix neuf :
14,30 €
En librairie le :
20/06/2012
Pas mal
Scénario
Jean-David Morvan
Dessin :
Bruno Bessadi
Couleur :
Christian Lerolle
Série :
Zorn et Dirna
Éditeur :
Soleil Editions
Collection :
Soleil levant
Format :
56 pages

La chronique en bref

Morvan n'a pas su ménager les effets de surprise de son scénario et délivre un sixième et dernier tome mièvre et prévisible. Le gâchis est d'autant plus amer que le dessin de Bessadi et les couleurs de Lerolle offrent un spectacle visuel à la hauteur d'une grande épopée.

La chronique de Gilles :

Après de nombreux périples, Zorn et Dirna pénètrent au cœur du palais du Roi Höchwald, accompagnés de leurs parents et de l'héritier du trône, le prince déchu Verraten. L'aventure des deux enfants doués du pouvoir de la Mort atteint ici sa conclusion tant attendue, dévoilant des secrets peu surprenants et un récit larmoyant plutôt décevant.

Dans un monde où la Mort a été faite prisonnière par un roi désireux d'immortalité, tous les hommes ont reçu la malédiction de la vie éternelle. Ils sont condamnés à pourrir dans leur enveloppe charnelle fragile sans compter que la destruction d'un corps transfert l'âme de son propriétaire dans le corps de son meurtrier. Ce fort concept amène des situations très cocasses dans le monde de Zorn et Dirna. Leur père Seldnör se retrouve à partager le corps de femme de sa pire ennemie et leur mère a les traits d'un colosse gonflé aux hormones.

Le prolifique scénariste Jean-David Morvan a développé dans cette série un monde d'heroic fantasy assez fascinant. Cependant, comme cela lui arrive parfois dans ses séries, Morvan a beaucoup de mal à conclure avec brio ses concepts les plus originaux. La moitié de ce sixième tome est occupée par des scènes de larmoiement stériles et l'autre moitié par des révélations que le lecteur aura su comprendre déjà bien plus tôt du fait des indices très explicites dispersés dans les cinq premiers tomes de la série. Le tout est assaisonné par une sauce très vulgaire et cliché, digne d'un médiocre blockbuster américain.

Le dessin de Bruno Bessadi allie avec justesse la candeur et la fantaisie du monde de Zorn et Dirna à un gore assez comique qui fondent la personnalité de cette série. Soutenus par les couleurs prononcées de Christian Lerolle, les personnages semblent sortis de l'imaginaire des frères Grimm, le sang et les corps putréfiés en plus.

Cet ultime tome de sa série Zorn et Dirna prouve encore une fois que Morvan ne sait pas ménager ses coups de théâtre finaux malgré de géniales idées de départ. Ces petits points noirs viennent quelque peu gâcher l'ensemble de la série que le lecteur aura moins de plaisir à redévorer. Dommage.

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